le Passeur des îles étrenne le Pass’Avel, première navette électrique à voile, sur le golfe du Morbihan


Par Sophie Eyégué

Le premier voilier électrique destiné au transport de passagers a effectué sa deuxième sortie technique dans le golfe du Morbihan cette semaine. Un concentré de technologie au service de la tradition, porté par une fine équipe de marins passionnés.

25 °C dans l’air, le plan d’eau scintille sous une lumière de fin de journée. Au port du Crouesty, à Arzon, l’effervescence est palpable. Jérôme Morverand, Henri Louis et Ronan Le Borgne, visages de l’entreprise Le Passeur des îles, ont réuni amis et partenaires pour la deuxième sortie du Pass’Avel : le projet qui mobilise leur énergie et leurs rêves depuis cinq ans.

Au port du Crouesty, Henri Louis, Ronan Le Borgne et Jérôme Morverand savourent les premiers bords du Pass’Avel.
Au port du Crouesty, Henri Louis, Ronan Le Borgne et Jérôme Morverand savourent les premiers bords du Pass’Avel. (Le Télégramme/Sophie Eyégué)

« Un casse-tête »

Au milieu des unités de plaisance, la vedette de 12 m s’intègre avec une élégance rare. Si sa coque est neuve, son allure générale rend hommage à la flotte bleue de l’entreprise. « À s’y méprendre, on pourrait croire que c’est un ancien bateau », s’étonne un invité.

Sous les lignes classiques, se cache une certaine complexité technique. « Ça a été un casse-tête pour le charpentier », se remémore Cédric Bienassis, co-concepteur de la coque en aluminium. Entre les aléas de construction et les méandres administratifs, l’aventure n’a pas été un long fleuve tranquille. « Tu le referais si c’était à refaire ? », lance, taquin, l’ingénieur à ses partenaires. « Non ! », répondent en chœur Loys Leclercq et Romain DePalma, du cabinet d’architecture L20 Naval, qui ont pourtant plongé tête baissée dans ce défi il y a trois ans.

Futur trait d’union entre Port-Navalo et Locmariaquer, le Pass’Avel offre désormais à tous les passagers — une soixantaine par traversée — le privilège de naviguer portés par le vent.
Futur trait d’union entre Port-Navalo et Locmariaquer, le Pass’Avel offre désormais à tous les passagers — une soixantaine par traversée — le privilège de naviguer portés par le vent. (Le Télégramme/Sophie Eyégué)

Le silence pour seul moteur

Les amarres sont larguées. Le Pass’Avel quitte le port dans un silence presque troublant. Exit le vrombissement sourd des diesels traditionnels, la motorisation électrique Naviwatt donne l’impression de planer sur l’eau. Dans le chenal, les visages se tournent vers le gréement.

D’une simple pression sur un bouton, la grand-voile se déploie sur son enrouleur automatique.
D’une simple pression sur un bouton, la grand-voile se déploie sur son enrouleur automatique. (Le Télégramme/Sophie Eyégué)

D’une simple pression sur un bouton, la magie opère. La grand-voile se déploie automatiquement dans un froissement de toile. « C’est génial », s’enthousiasme Henri Louis, à la barre. Le navire s’élance dans le golfe, attirant les regards curieux. À l’intérieur, l’ergonomie a été soignée : des bancs en bois incurvés permettent aux passagers de rester bien assis même lorsque le bâteau gîte. « Il offre à n’importe qui la possibilité de glisser au vent », confie Ronan Le Borgne, alors que le bateau s’appuie doucement sur son aile de toile.

Le Pass’Avel est le fruit d’un travail de longue haleine. Après un an de retard, il devrait pouvoir démarrer son activité fin avril.
Le Pass’Avel est le fruit d’un travail de longue haleine. Après un an de retard, il devrait pouvoir démarrer son activité fin avril. (Le Télégramme/Sophie Eyégué)

1,2 million d’euros

La technicité se veut discrète mais efficace : voile sur enrouleur automatique et autovireuse, winches électriques et groupe électrogène pour prolonger l’autonomie bien qu’une charge la nuit suffise pour assurer durant neuf heures. « Parmi la dizaine de dessins de Loys, on a choisi le plus manœuvrable rapidement sur une traversée de 20 minutes », précise Jérôme Morverand. Le résultat ? Une unité « bas carbone et locale » d’1,2 million d’euros, financés à hauteur de 350 000 euros par le fonds d’investissement maritime et le reste par emprunt bancaire.

Le projet a bénéficié d’un soutien de 350 000 € du Fonds d’investissement maritime.
Le projet a bénéficié d’un soutien de 350 000 € du Fonds d’investissement maritime. (Le Télégramme/Sophie Eyégué)

Le Pass’Avel est un outil stratégique. Il effectuera la ligne Arzon-Locmariaquer la saison estivale. Sa cabine fermée et chauffée permettra d’étendre la saison au cœur de l’hiver, pour des séminaires ou des réunions de famille, là où les bateaux en bois âgés de 60 ans sont habituellement en carénage

Alors que le soleil décline, le bonheur domine. Malgré les dernières autorisations en attente, le pari est réussi. « On espère l’exploiter à la fin du mois », conclut Ronan Le Borgne de retour au port. L’aventure ne fait que commencer.


Mis en ligne le 13 avril 2026 par jpl56

Origine : le Télégramme

  

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