Olivier Denfer, nouveau maire d’Arzon (Morbihan), depuis les municipales 2026, a découvert la commune pendant son initiation à la voile. Il y a posé définitivement ses valises en 2015. Originaire de Normandie, où il a effectué sa scolarité, il se passionne dès l’enfance pour la voile qu’il a découvert avec Jeunesse et marine. C’est une association fondée par un aumônier de la Marine nationale, c’est un peu comme des scouts marins. Avec eux je passais mes vacances entre Groix et l’île d’Arz, c’est ainsi que j’ai découvert Port-Navalo, une étape entre les deux îles »,
résume Olivier Denfer, 71 ans, qui compte trois transats à son actif.
Candidat à 30 ans
Olivier Denfer découvre la politique pendant ses études de droits à Rouen (Seine-Maritime), en 1974. À 19 ans, je collais des affiches pour la campagne de Valéry Giscard d’Estaing. Son slogan, Giscard à la barre, me faisait sourire, c’était un clin d’œil à ma passion pour la mer
, se souvient-il.
Diplôme en poche, il embrasse une carrière de greffier au tribunal de commerce, d’abord à Beauvais (Oise), puis à Paris. Il est ainsi assermenté en tant qu’officier public et ministériel. Il y a un parallèle entre un greffier dans un tribunal de commerce et un directeur général des services (DGS). Dans les deux cas, il s’agit de servir l’intérêt général avec impartialité et organisation. On est garant des lois.
À 30 ans il découvre les rouages d’une campagne municipale. J’ai été candidat sur une liste à Beauvais, mais on n’est pas passé.
Arzon port d’attache
Le bout de la presqu’île de Rhuys est toujours resté ancré dans son cœur. Je suis arrivé à Arzon quand j’ai pu installer mon bateau au port du Crouesty. De fil en aiguille j’ai acheté une petite maison de vacances qui est devenue ma résidence principale.
Passionné d’image, il n’était pas rare de le croiser dans la commune avec son appareil photo.
En 2016, à la retraite, il s’installe définitivement à Arzon. En 2019, on m’a proposé de rejoindre la liste de Catherine Duranton. Je suis devenu conseiller municipal, ainsi qu’administrateur du CCAS (Centre communal d’action sociale).
Avec Caridad Pellissier, de la même liste, il apprend le fonctionnement d’une commune et découvre les rouages, les enjeux humains et financiers, ainsi que toutes ces structures intervenantes, comme l’Agglo, la Région et le Département, entre autres.
L’année dernière, avec l’approche des élections, les quatre autres élus de la minorité se concertent. On a décidé qu’il fallait poursuivre notre engagement. Ils m’ont convaincu de prendre la tête d’une liste sans étiquette.
En campagne électorale il découvre la commune sous un autre angle. On a senti un écho positif à nos propositions sur le logement, l’urbanisme, la solidarité, mais je ne m’attendais pas à arriver en tête au premier tour face à la maire sortante. Au deuxième tour je ne savais pas si ça allait passer, mais j’étais serein, on était prêt.
Résoudre des paradoxes
Quand on est élu on bascule de ce que l’on souhaite à ce que l’on doit faire.
Après 60 jours aux commandes de la commune avec son équipe, il constate : J’ai découvert qu’être maire c’est résoudre des paradoxes. Je sais que par moments mes décisions vont en heurter certain, mais c’est l’intérêt général qui prime. Je peux dire non, mais ce n’est pas facile. On sent une tension générale, les administrés souhaitent une réponse immédiate, on doit œuvrer à une harmonie sociale. J’ai beaucoup délégué et responsabilisé mon équipe.
Les trois dossiers qu’il a mis en priorité sont la rénovation de l’école et la création d’un centre de loisirs. On va ensuite s’attaquer au PLU (Plan local d’urbanisme) qui va nous permettre de revoir l’urbanisation de la commune. Puis, ce sera l’établissement du tableau de bord des finances de la commune.