En juillet 2025, le Jean et Jeanne, bateau traditionnel du golfe du Morbihan, a été impliqué dans un accident avec le Forban du Bono, une ancienne chaloupe de pêche. Pour remettre le sinago en état, l’association Un Sinago pour Séné, qui gère le voilier, a confié sa réparation au chantier naval de la Bascatic, à Parun, à Baden (Morbihan).
Un chantier dirigé par Loïc Siat… originaire de Geispolsheim, en Alsace, commune jumelée avec Séné. Lors de la restauration du Jean et Jeanne, nous avons évoqué cette coïncidence avec Loïc »,
raconte Serge Cottin, coprésident de l’association.
Pour l’artisan, le travail du bois est avant tout une histoire familiale. Ma famille maternelle est originaire de Geispolsheim depuis plusieurs générations. Mon grand-père, Lucien Nuss, était menuisier. Il avait son atelier chez lui et y a travaillé jusqu’à sa mort, en 2010. Son père, Paul Nuss, était paysan et son grand-père forgeron, toujours à Geispolsheim. J’y ai grandi et vécu jusqu’en 2016. Je suis donc un Geispolsheimois pur souche »,
sourit-il.
C’est dans les pas de ce grand-père artisan que Loïc Siat s’est tourné vers le travail du bois.
De l’Alsace à la Bretagne
En septembre 2017, il entame une formation pour apprendre en charpente navale traditionnelle. Après ma formation, j’ai directement atterri dans le Morbihan, au chantier de François Blatrix, à Baden. J’y ai travaillé pendant cinq ans.
En octobre 2024, au moment du départ à la retraite du charpentier naval, il reprend le chantier, rebaptisé Chantier de la Bascatic. L’activité se développe rapidement : l’équipe passe de trois à quinze personnes, réparties entre Baden et Arzon.
Pour poursuivre l’aventure, Loïc Siat fait venir d’Alsace une partie de son héritage familial : les anciennes machines à bois de son grand-père menuisier. Elles servent aujourd’hui à réparer des bateaux, tout comme ses outils à main, qui m’accompagnent depuis ma reconversion.
Au service du patrimoine maritime
Au fil des restaurations, l’Alsacien tisse un lien toujours plus fort avec le patrimoine maritime du golfe du Morbihan. François Blatrix et moi avions déjà restauré le Jean et Jeanne en 2023. Cet hiver, mon destin se lie encore davantage à Séné : nous avons rentré trois sinagos au chantier, et peut-être bientôt Les Trois Frères, bateau historique de l’association des Amis du Sinagot.
Le chantier de la Bascatic entend ainsi contribuer à la préservation de la flotte traditionnelle du Golfe : bateaux « métriques » centenaires, voiliers classiques et embarcations patrimoniales.Nous avons la chance d’avoir la confiance de plusieurs associations de la rivière d’Auray. Le Forban et l’Indomptable rentreront d’ailleurs au chantier l’hiver prochain »,
précise-t-il.
Aujourd’hui, tous les sinagos de Port-Anna, emblèmes de Séné et du golfe du Morbihan, sont entretenus et restaurés par cet artisan venu d’Alsace… avec les outils hérités d’un menuisier de Geispolsheim.