10 mois de prison avec sursis requis contre l’ex-patron de Passion Nautic Club, à Arzon


Ce jeudi 4 juin, au tribunal correctionnel de Vannes, le parquet a requis 10 mois de prison avec deux ans de sursis probatoire contre Stéphane Guillo, ex-dirigeant de Passion Nautic Club, à Arzon.

L’ex-dirigeant de Passion Nautic Club a été auditionné, ce jeudi 4 juin, au tribunal correctionnel de Vannes.
L’ex-dirigeant de Passion Nautic Club a été auditionné, ce jeudi 4 juin, au tribunal correctionnel de Vannes. (Le Télégramme)

« Je me suis battu comme un lion pour sauver ma boîte », martèle Stéphane Guillo, ce jeudi 4 juin, devant le tribunal correctionnel de Vannes. L’ancien patron de Passion Nautic Club, société de vente et d’achat de bateaux de plaisance créée en 2013, comparaissait pour des faits d’abus de confiance, de tromperie, d’escroquerie et de banqueroute, commis entre 2017 et 2022 à Arzon. Une procédure a été ouverte en 2021, à la suite de nombreuses plaintes. L’homme de 56 ans, natif d’Auray, est soupçonné d‘ avoir causé un préjudice, évalué à 900 000 euros à une cinquantaine de victimes, parmi lesquelles des particuliers et des entreprises du secteur nautique. Sept parties civiles se sont constituées.

« Des circonstances fâcheuses »

À la barre, l’entrepreneur reconnaît avoir « commis des erreurs ». Il conteste en revanche l’élément intentionnel des infractions. « Il y a eu un certain nombre de circonstances fâcheuses, comme le Covid », défend-il. Plusieurs faits lui sont reprochés : non-respect des délais de restitution du solde de vente aux acheteurs, livraison de navires hypothéqués ou endettés, fraude sur la capacité à honorer les commandes, fausses factures, emploi de moyens ruineux pour se procurer des fonds… Le prévenu est aussi soupçonné d’avoir poursuivi ses activités commerciales malgré des difficultés financières et des problèmes de trésorerie avérés. Sa société a été placée en redressement judiciaire en 2022 puis liquidée en 2023.

De lourdes conséquences financières pour les victimes

Pour les parties civiles, les faits relèvent de « cavalerie de trésorerie ». Les conseils réclament le remboursement des sommes versées, et des dommages et intérêts pour préjudice moral et matériel. Plusieurs victimes ont évoqué les conséquences financières de cette affaire. « Je n'ai jamais eu l’argent de la vente de mon bateau. Je me demande encore ce qu’est devenu cet argent », se désole l’une d’elles.

Le procureur de la République a requis la relaxe pour les faits d’escroquerie. Concernant les infractions de tromperie, d’abus de confiance et de banqueroute, il a réclamé une peine de 10 mois de prison avec sursis probatoire de deux ans, ainsi qu’une obligation de travailler et d’indemniser les parties civiles, une interdiction de gérer une entreprise commerciale ou industrielle pendant 10 ans, et l’inéligibilité pendant 5 ans.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré. Celle-ci sera rendue le 3 septembre prochain.

Mis en ligne le 06 juin 2026 par jpl56

Origine : le Télégramme

  

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