Issue d’une famille de boulangers bien connue à Port-Navalo depuis trois générations, Christine Pedron prend très tôt le large. Mariée à 18 ans à un militaire de la Marine, elle suit les affectations à Brest, Rochefort puis Toulon. Deux fils naissent de cette première vie, Frédéric et Fabrice, vivant aujourd’hui en Bretagne. Après un premier divorce, elle enchaîne les expériences : employée dans une maison de retraite dans le Var, entretien d’espaces verts, ostréiculture, hôtellerie. Son second mariage malheureux la ramène finalement vers ses racines bretonnes.
Un attrait pour la vie îlienne
À plus de 50 ans, sur l’Île de Sein, elle découvre un restaurant à vendre. « Pourquoi pas ? », se dit-elle. En 2006, elle vend tout et reprend l’établissement, fermé depuis quelque temps, qu’elle baptise « Chez Christine ». Avec ses deux fils, l’aventure est belle. L’été, les touristes affluent et l’hiver les entreprises locales assurent la clientèle. Puis, un jour, des salariés d’une radio passent chez elle dans le cadre d’une émission sur le risque de submersion marine. Une expérience qui l’a fait réfléchir. Son restaurant est au niveau de la mer. Prudente, elle revend en 2011.
Retour à Arzon
Dans une maison familiale, en état de vétusté, elle crée à Arzon cinq chambres avec table d’hôtes, ouvertes en 2012. Quinze saisons plus tard, et à 72 ans, Christine Pédron travaille toujours seule. « C’est une question d’organisation », assure-t-elle. Jardin, fruitiers, poules, ménage, accueil, le programme est dense. « Mon sport, c’est chez moi ! » La moitié de ses clients sont des fidèles. Son plaisir ? Les emmener sur le GR34 ou à la pêche aux palourdes. Les vacances attendront janvier. Elle ne parle ni fortune ni réussite éclatante, mais de qualité de vie. Une femme énergique, chaleureuse et libre.
Pratique
Chez Christine à Béninze, Arzon. Plus d’informations sur www.tablehotechezchristine.com