La présentation des cartes du recul du trait de côte par Golfe du Morbihan Vannes Agglomération (GMVA), mercredi 9 septembre 2026 a provoqué un coup de vent au bout de la presqu’île de Rhuys. À Arzon, depuis l’adoption de ces cartes lors du conseil municipal du 29 juin 2026, Bernard Roussel se mobilise pour qu’elles soient vérifiées.
De sérieuses interrogations
Cette carte soulève de sérieuses interrogations, notamment sur les secteurs de côte rocheuse dure »,
souligne cet ancien expert du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Il n’accepte pas qu’une caution scientifique soit donnée à ces cartes. Bernard Roussel a repris le dossier pour comprendre le travail du bureau d’études sur ce tracé : La méthodologie et les paramètres retenus ne sont même pas rendus publics. Par exemple, il était estimé en 2022, qu’en 70 ans, seuls 3 % du trait de côte d’Arzon serait touché par un recul. Aujourd’hui, c’est toute la côte qui est concernée.
Des valeurs « difficilement compatibles »
Il pointe du doigt plusieurs endroits sur la carte où il a remarqué des valeurs qu’il juge difficilement compatibles
avec l’évolution observée sur le terrain et le trait de côte depuis 70 ans voire 250 ans. Ainsi selon lui, à la plage de Kercouedo, la carte aurait assimilé à tort cette zone à un massif dunaire. La plage a en fait été créée devant une côte rocheuse avec des apports importants de sable bloqués par le môle d’entrée du port du Crouesty »,
argumente-t-il. Autre exemple, sur la pointe du phare de port Navalo, la carte montre des reculs pouvant atteindre 30 mètres à 30 ans et 50 mètres à 100 ans. Dans la commune de Plougonvelin (Finistère), à la pointe Saint-Mathieu où la nature de la côte est comparable, le recul cartographié n’est qu’au plus à 5 m à 30 ans et à 100 ans »,
poursuit-il.
Continuant ses recherches, Bernard Roussel a jeté un coup œil sur d’autres études. Il remarque qu’à Bréhat (Côtes-d’Armor), l’élévation est estimée à 20 cm à 30 ans et 60 cm à 100 ans. À Erquy (Côtes-d’Armor) où les côtes rocheuses sont similaires aux nôtres, un recul forfaitaire de 6,5 m à 30 ans et de 10 m à 100 ans a été retenu.
Comparé aux estimations de 12 mètres projetés à 30 ans à la pointe de Port-Navalo et des 30 mètres de la pointe du Monteno, il est abasourdi.
Un recours gracieux
Il enfonce le clou : La décision prise par GMVA de ne considérer qu’un seul type de falaise, pour tout le littoral étudié, roche dure ou roche altéré meuble, n’a pu que conduire à ces erreurs.
Ces cartes seront prises en compte pour le plan local d’urbanisme en cours de révision. Bernard Roussel a rencontré Olivier Denfer, le maire de la commune et envoyé des courriers à GMVA et à l’État. Depuis, une vingtaine de riverains ont fait un recours gracieux auprès du premier édile, demandent l’annulation de la délibération du conseil municipal du 29 juin sur l’adoption des cartes présentées par GMVA.