le Passeur des îles étrenne le Pass’Avel, première navette électrique à voile, sur le golfe du Morbihanle Passeur des îles étrenne le Pass’Avel, première navette électrique à voile, sur le golfe du MorbihanLe premier voilier électrique destiné au transport de passagers a effectué sa deuxième sortie technique dans le golfe du Morbihan cette semaine. Un concentré de technologie au service de la tradition, porté par une fine équipe de marins passionnés. 25 °C dans l’air, le plan d’eau scintille sous une lumière de fin de journée. Au port du Crouesty, à Arzon, l’effervescence est palpable. Jérôme Morverand, Henri Louis et Ronan Le Borgne, visages de l’entreprise Le Passeur des îles, ont réuni amis et partenaires pour la deuxième sortie du Pass’Avel : le projet qui mobilise leur énergie et leurs rêves depuis cinq ans. « Un casse-tête »Au milieu des unités de plaisance, la vedette de 12 m s’intègre avec une élégance rare. Si sa coque est neuve, son allure générale rend hommage à la flotte bleue de l’entreprise. « À s’y méprendre, on pourrait croire que c’est un ancien bateau », s’étonne un invité. Sous les lignes classiques, se cache une certaine complexité technique. « Ça a été un casse-tête pour le charpentier », se remémore Cédric Bienassis, co-concepteur de la coque en aluminium. Entre les aléas de construction et les méandres administratifs, l’aventure n’a pas été un long fleuve tranquille. « Tu le referais si c’était à refaire ? », lance, taquin, l’ingénieur à ses partenaires. « Non ! », répondent en chœur Loys Leclercq et Romain DePalma, du cabinet d’architecture L20 Naval, qui ont pourtant plongé tête baissée dans ce défi il y a trois ans. Le silence pour seul moteurLes amarres sont larguées. Le Pass’Avel quitte le port dans un silence presque troublant. Exit le vrombissement sourd des diesels traditionnels, la motorisation électrique Naviwatt donne l’impression de planer sur l’eau. Dans le chenal, les visages se tournent vers le gréement. D’une simple pression sur un bouton, la magie opère. La grand-voile se déploie automatiquement dans un froissement de toile. « C’est génial », s’enthousiasme Henri Louis, à la barre. Le navire s’élance dans le golfe, attirant les regards curieux. À l’intérieur, l’ergonomie a été soignée : des bancs en bois incurvés permettent aux passagers de rester bien assis même lorsque le bâteau gîte. « Il offre à n’importe qui la possibilité de glisser au vent », confie Ronan Le Borgne, alors que le bateau s’appuie doucement sur son aile de toile. À lire sur le sujetTraversées Quiberon - Belle-Ile à la voile : « On a toujours un deuxième bateau dans les cartons »
1,2 million d’eurosLa technicité se veut discrète mais efficace : voile sur enrouleur automatique et autovireuse, winches électriques et groupe électrogène pour prolonger l’autonomie bien qu’une charge la nuit suffise pour assurer durant neuf heures. « Parmi la dizaine de dessins de Loys, on a choisi le plus manœuvrable rapidement sur une traversée de 20 minutes », précise Jérôme Morverand. Le résultat ? Une unité « bas carbone et locale » d’1,2 million d’euros, financés à hauteur de 350 000 euros par le fonds d’investissement maritime et le reste par emprunt bancaire. Le Pass’Avel est un outil stratégique. Il effectuera la ligne Arzon-Locmariaquer la saison estivale. Sa cabine fermée et chauffée permettra d’étendre la saison au cœur de l’hiver, pour des séminaires ou des réunions de famille, là où les bateaux en bois âgés de 60 ans sont habituellement en carénage Alors que le soleil décline, le bonheur domine. Malgré les dernières autorisations en attente, le pari est réussi. « On espère l’exploiter à la fin du mois », conclut Ronan Le Borgne de retour au port. L’aventure ne fait que commencer. Mis en ligne le 13 avril 2026 par jpl56 Origine : le Télégramme |
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